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mardi 5 avril 2011

Stéphane a écrit :

Analyse et commentaires de la Conférence-débat organisée par les amis du monde diplomatique, Attac Toulouse et Solidaires qui s'est tenue le jeudi 31 mars.

Le thème était : "Les transports : Au service des sociétés du CAC 40 ? Ou celle des Humains ? ", débat animé par Henri Célié, syndicaliste à Sud Rail et membre d'Attac ainsi que par des collectifs de citoyens mobilisés sur les enjeux de transports.

Les enjeux des transports ont évolués à travers l'histoire. Depuis le XIXeme siécle et la révolution industrielle qui s'est accompagnée d'une révolution des transports, l'enjeu principal a été de transporter un maximum de marchandises pour un coût le plus bas possible. Malgré une parenthèse entre la seconde guerre mondiale et les années 1970-80 où l'exigence sociale, à travers la notion de service public, s'est imposée, les années 70 voient le retour en force du libéralisme redonnant aux transports leur rôle de diffuseur de marchandises au plus bas coût.
Le libéralisme économique, triomphant à nouveau (ou néo libéralisme), s'accompagne d'une financiarisation du capitalisme et d'une mondialisation des échanges. Dans ce contexte, les enjeux des transports évoluent vers un reflux du compromis social pour aller vers un système de transports déréglementé au service des intérêts économiques mondiaux.
Cette dérèglementation progressives se fait à différentes échelles : au niveau mondial à travers notamment des règles de l'OMC ou au niveau européen à travers les directives de l'union européenne qui s'inspirent des règles libérales de l'OMC. Mais surtout, cette évolution se fait dans un cadre non démocratique. Les citoyens ne semblent plus être partie prenante des décisions en matière économique (vote par le parlement du traité de Lisbonne malgré le refus des citoyens de la constitution européenne en 2005 ou absence de contrôle démocratique des règles de l'OMC ...).
Tous les transports sont actuellement concernés par l'évolution néo libérale :
- Transport routier : Il est le précurseur de la libéralisation des transports en raison d'un nombre élevé de petites entreprises en concurrence féroce. La conséquence de cette lutte "à mort" entre les entreprises du transport routier est une sous tarification qui ne prend pas en compte un certain nombre de coûts pour les salariés du secteur (faibles salaires, fatigue, stress) ainsi que des coûts pour la société dans son ensemble (accidents, pollution, entretien des routes).
- Transport maritime : Il représente 80% du trafic marchandise mondial (+430 % de croissance en 30 ans). L'écrasante majorité des navires sont désormais sous pavillon de complaisance dans des paradis fiscaux où les règles sociales sont à minima. Ceci à pour conséquence que le transport maritime dispose d'un personnel hyper précaire. Ce mouvement s'accélère avec, en 2007, la suppression de la RIF : Dorénavant, c'est le régime social du pays d'origine qui s'applique.
- Transport aérien : Ce mode de transport, principalement voyageur, est dominé par les États-unis . C'est de ce pays qu'est venu la libéralisation du secteur dans les années 80 (licenciement de 30000 contrôleurs aériens en grève) pour se propager à l'Europe par le suite où les conséquences commencent à se faire sentir, notamment sur le précarisation des salariés avec la montée en puissance des compagnies "low cost".
- Transport ferroviaire : En France, Après plusieurs décennies où celui-ci avait pour vocation de contribuer à l'aménagement du territoire, le transport ferroviaire en France, à travers sa société principale : la SNCF, rentre progressivement dans une logique de pure rentabilité financière. C'est dans cette logique que l'activité est progressivement scindée (TGV, grandes lignes hors TGV, TER, Fret) pour se débarrasser à terme des activités non rentables d'aménagement du territoire, financées jusque là par les activités rentables. Les activités non rentables sont laissées aux collectivités. C'est à dire en résumé : les bénéfices sont pour les actionnaires de la SNCF et des compagnies privées, les déficits sont pour les citoyens. Les enjeux sociaux sont abandonnées aux collectivités.

Globalement, la tendance actuelle des transports va vers une massification des échanges sur quelques grands axes internationaux afin de minimiser les coûts , laissant de coté un large partie du territoire.

Dans ce contexte de compétition économique et de massification des échanges, plusieurs projets sont proposés par l'Europe, la France et souvent soutenus par les régions afin de positionner celles ci sur ces grands axes internationaux.
Dans la région Midi-Pyrénées, plusieurs grands projets s'inscrivent dans cette logique :
- La Ligne à grande vitesse Bordeaux-Toulouse.
- La traversée centrale des Pyrénées par un tunnel ferroviaire dont le but est de transporter des marchandises du Sud de l'Espagne vers le Nord de L'Europe.
- L'autoroute Toulouse-Castres.

L'utilité de ces projets dans la logique économique citée précédemment peut se comprendre, mais dans une logique d'aménagement au service des populations des territoires traversés l'intérêt de ces projets se révèle beaucoup plus discutable.

C'est dans l'opposition à ces projets que différentes associations se sont constituées et sont intervenue durant la conférence pour dénoncer les 3 projets ci dessus qui s'inscrivent tous dans la même logique économique.
- Le collectif contre la LGV "Tous ensemble pour les gares du Tarn et Garonne".
- ACTIVAL : Association Contre le Tunnel Inutile dans les Vallées d'Ailleurs et du Lavenan.
- Le collectif contre l'Autoroute Toulouse Castres.

La conclusion de la conférence débat est : Comment fédérer les combats locaux pour lutter contre des projets qui remettent en cause la notion de service public au profit d'intérêt économiques particuliers ?
Plus globalement, comment fédérer la lutte pour arrêter le mouvement d'extension du capitalisme au service d'une minorité et aller vers un système économique au service des citoyens ?

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